1. Coût des arrêts maladie
Pour l’économie
Le coût total des arrêts maladie pour l’économie française est difficile à estimer précisément, car il inclut non seulement les indemnités versées, mais aussi les pertes de productivité et les coûts indirects pour les entreprises.
En 2023, le nombre moyen de jours d’arrêt maladie par salarié en France était de 23,7 jours. Ce chiffre représente une augmentation par rapport à 2022, où la durée moyenne des arrêts de travail était de 22,17 jours.
Pour mettre ces chiffres en perspective avec le nombre de jours travaillés en France, il faut considérer que :
- Le taux d’absentéisme global en 2023 était de 5,17% (https://pro.apicil.com/prevoyance/taux-absenteisme-france/)
- Ce taux représente la part du temps de travail perdu en raison des absences sur le temps de travail théorique.
En utilisant ces données, on peut estimer que les arrêts maladie représentent environ 5,17% du temps de travail annuel en France. Autrement dit, ramenés sur une année de travail théorique, environ 13 jours (5,17% de 252 jours ouvrés en moyenne) sont perdus en raison des arrêts maladie.
Il est important de noter que ces chiffres varient selon les secteurs d’activité et les catégories professionnelles.
Le paradoxe : Les 30-39 ans les plus concernés par l’absentéisme
Les salariés de 30 à 39 ans restent les plus concernés (30,46 % ont eu au moins une journée d’absence dans l’année). À ces âges, les salariés sont de plus en plus impactés par des pathologies psychiques comme la dépression et le burn out (de 24 % en 2021 à 27 % en 2023). Les seniors, quant à eux, sont ceux qui ont le moins fait appel à un arrêt de travail dans l’année (19,64 %).
Ces statistiques soulignent l’impact significatif des arrêts maladie sur l’économie française, tant en termes de productivité que de coûts directs et indirects pour les entreprises et le système de sécurité sociale.
Pour la Sécurité sociale
En 2023, l’Assurance maladie a déboursé 10,2 milliards d’euros pour indemniser les arrêts maladie (https://www.capital.fr/votre-argent/arret-maladie-les-depenses-explosent-qui-coute-le-plus-cher-a-la-secu-1506900).
Cette somme a augmenté de 6,3% par an en moyenne depuis 2019, soit plus du double du rythme observé entre 2010 et 2019 (2,9% par an). En 2024, les dépenses liées aux arrêts maladie s’élèvent à 17 milliards d’euros.
2. Systèmes privé et public- état des lieux
On notera que les conventions collectives et les accords d’entreprise peuvent modifier le régime des arrêts maladie.
Secteur privé
- Délai de carence de 3 jours
- La Sécurité sociale prend en charge 50% du salaire journalier, plafonné à 1,8 SMIC (52 euros par jour)
- L’employeur complète généralement pour assurer au moins 90% du salaire
Secteur public
- Actuellement, un jour de carence
- Indemnisation à 100% du traitement pendant les trois premiers mois d’arrêt3
- Au-delà, 50% du traitement pendant les neuf mois suivants3
3. Egalité des droits et des devoirs : proposition d’alignement sur le système privé
L’alignement du système public sur le privé pourrait se justifier ainsi :
- Équité entre secteurs: Cela réduirait les disparités entre fonctionnaires et salariés du privé.
- Économies budgétaires: La réduction de l’indemnisation dans le public générerait des économies substantielles pour l’État.
- Incitation à la responsabilisation: Un délai de carence plus long pourrait encourager une utilisation plus mesurée des arrêts maladie.
- Harmonisation administrative: Simplification de la gestion des arrêts maladie pour l’administration.
- Réduction des abus potentiels: Un système moins généreux pourrait décourager les arrêts de courte durée non justifiés.
4. Arrêts maladie : proposition de jours de carence de droit commun
Nous proposons d’instaurer un délai de carence de 3 jours pour tous les secteurs, public et privé. Cette mesure induirait des changements culturels importants :
- Responsabilisation accrue: Les employés seraient incités à mieux gérer leur santé et à ne s’arrêter qu’en cas de réelle nécessité.
- Évolution des pratiques managériales: Les employeurs devraient développer des politiques de prévention et de bien-être au travail plus efficaces.
- Changement de perception: L’arrêt maladie serait perçu comme une mesure exceptionnelle plutôt qu’un droit acquis.
- Solidarité renforcée: Les équipes pourraient développer une meilleure cohésion pour gérer les absences courtes sans recourir systématiquement aux arrêts.
- Dialogue social: Cette réforme pourrait stimuler les négociations entre partenaires sociaux sur les conditions de travail et la santé au travail.
Ces changements nécessiteraient une communication claire et un accompagnement des employés et des employeurs pour assurer une transition en douceur vers un système plus équitable et économiquement viable.

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