Frédéric Bastiat : une fable pour mieux comprendre

Libre-Échange vs Protectionnisme : Une Analyse de Frédéric Bastiat

Frédéric Bastiat, économiste et penseur libéral du XIXe siècle, est un ardent défenseur du libre-échange. Cette pétition fictive adressée au Parlement français s’inscrit dans le cadre de son combat contre le protectionnisme, qui à l’époque favorisait les industries locales par des barrières douanières. Dans cet essai, il utilise l’ironie pour critiquer les absurdités du protectionnisme et démontrer ses effets néfastes sur l’économie et les consommateurs.


Le texte prend la forme d’une pétition adressée au Parlement français par les fabricants de chandelles, de lampes et autres industries liées à l’éclairage. Ces derniers réclament une protection contre un concurrent qu’ils estiment impossible à surmonter : le soleil.

Les fabricants soutiennent que le soleil leur inflige une concurrence déloyale puisqu’il fournit gratuitement de la lumière pendant la journée. Par conséquent, ils demandent au Parlement d’adopter une loi obligeant les citoyens à fermer leurs fenêtres, volets et rideaux, et à calfeutrer toutes les ouvertures par lesquelles la lumière solaire pourrait entrer. Cette mesure, selon eux, stimulerait la demande de chandelles et profiterait à l’ensemble de l’économie.

Ils défendent leur requête en avançant plusieurs arguments typiquement protectionnistes, comme :

  1. Créer des emplois et favoriser l’industrie locale : Si le soleil est exclu, la production de chandelles augmentera, ce qui permettra de créer des emplois et de stimuler l’économie nationale.
  2. Stimuler les industries connexes : En favorisant la demande de chandelles, cela profitera aussi aux fournisseurs de matières premières (suif, cire, etc.) et aux autres industries.
  3. Soutenir l’intérêt général : Selon les fabricants, il est dans l’intérêt collectif de protéger l’industrie locale contre une concurrence étrangère ou gratuite (comme celle du soleil).

Le but et la portée de l’œuvre

À travers cette pétition, Bastiat cherche à démontrer, par l’absurde, l’ineptie des arguments protectionnistes. En exagérant les demandes des fabricants de chandelles, il révèle que toute politique visant à protéger artificiellement une industrie nuit inévitablement aux consommateurs. En interdisant l’accès à une ressource gratuite comme la lumière du soleil, les citoyens devraient payer plus cher pour un bien (l’éclairage) qu’ils pourraient obtenir gratuitement, ce qui appauvrit l’ensemble de la société.

Bastiat montre ainsi que le protectionnisme favorise les intérêts particuliers (les fabricants) au détriment de l’intérêt général. Il en conclut que la véritable prospérité repose sur le libre-échange, qui permet d’utiliser les ressources de manière optimale pour le plus grand bénéfice de tous.


« La Pétition des fabricants de chandelles » est une satire brillante qui illustre les limites et les contradictions du protectionnisme. En utilisant l’ironie et l’exagération, Bastiat met en lumière la supériorité du libre-échange et la nécessité de laisser la concurrence (même celle du soleil !) jouer librement son rôle dans une économie.

C’est un texte qui reste une référence dans le débat sur le protectionnisme et le libre-marché, encore pertinent aujourd’hui.


Laisser un commentaire